8.12.05

MACEDOINE : La Macédoine se veut un exemple pour le statut futur du Kosovo

La Macédoine se veut un exemple pour le statut futur du Kosovo

Le Monde : 08.12.05

Au bord de la guerre civile il y a quatre ans, la Macédoine suit avec attention l'évolution des pourparlers sur le futur statut de du Kosovo voisin, lancés début novembre sous l'égide de l'ONU. De passage à Paris, mardi 6 décembre, le premier ministre social-démocrate, Vlado Buckovski, a proposé que la communauté internationale s'inspire, pour résoudre la question du Kosovo, des méthodes utilisées pour arrêter l'escalade armée de 2001 entre Albanais et Slaves de Macédoine, puis pour stabiliser les relations intercommunautaires.

Le médiateur de l'ONU pour le Kosovo, Martti Ahtisaari, n'exclut pas d'explorer cette voie. Lors d'une étape à Skopje dans le cadre de sa première tournée dans la région depuis sa nomination le 1er novembre, l'ancien président finlandais s'était dit "impressionné" par le chemin parcouru en Macédoine depuis la signature des accords d'Ohrid, en août 2001, ayant mis fin aux affrontements. "En quatre ans, la Macédoine a accompli des miracles", déclare au Monde Vlado Buckovski, qui décrit son pays comme "un exemple de société multiethnique et multiconfessionnelle". "Quel autre modèle existe-t-il dans la région ?, s'interroge-t-il. Celui de la Bosnie de Dayton, qui n'est pas multiethnique."

L'application des accords d'Ohrid, signés sous la pression de l'Union européenne (UE) et des Etats-Unis, a offert, via une loi sur la décentralisation, une large autonomie aux Albanais de Macédoine (25 % de la population) et amélioré la représentation des minorités dans l'administration, la police et l'armée. Au Kosovo, où les Albanais forment 90 % de la population, "on pourrait envisager de telles solutions pour les Serbes", défend Vlado Buckovski.

Des progrès très nets ont été enregistrés en Macédoine, malgré des tensions intercommunautaires récurrentes qu'un échec des négociations sur le Kosovo ne manquerait pas d'attiser davantage. Un compromis accepté par Belgrade et Pristina est donc "indispensable pour stabiliser la région", affirme Vlado Buckovski, qui se dit convaincu que, d'ici "dix ans peut-être", le Kosovo sera indépendant. "La Grande Albanie est une idée du passé, explique-t-il. Il n'y a pas d'autre avenir pour la région que dans l'UE et l'OTAN."

M. Buckovski prêche aussi pour sa paroisse. Skopje attend en effet que les 25 Etats de l'UE confirment d'ici à la fin de l'année la recommandation de la Commission européenne d'octroyer le statut de candidat à cette République, née en 1992 du démantèlement de la Yougoslavie.

Christophe Châtelot

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